<  retour vers "Autres Radios Haut-Normandes d'avant"                                                                                                                 

103

radiosolaris.free.fr  présente...

Radio Normandie
Radio Normandy           1926 - 1939
                                                      
page 1    -   page 2

 

                          ( NOTRE EXCLUSIVITé ) 

      "LES LETTRES DE DAVID NEWMAN"
 
         présentateur britannique de 1936 à 1939 sur Radio Normandie

- Comment étaient diffusés les programmes de Radio Normandie 
  
depuis les studios de Fecamp ou Caudebec-en-Caux, durant
   ces années 30 ?
- Les orchestres étaient-ils vraiment présents en studio ?
- Comment tout cela se déroulait, les émissions étaient-elles
   diffusées en direct ou bien enregistrées ?


Quelques réponses à lire ici  >
 Les Lettres de David Newman

 



                               
L'HISTOIRE DE RADIO NORMANDIE
 

                                          (un bref résumé extrait du livre "Une Radio libre en pays de Caux")


"Dans les années 30, les pionniers dynamiques normands n’ont pas raté les débuts de la TSF - la Téléphonie Sans Fil, comme on dit à l’époque : l’ancêtre des radios libres s’appelle Radio Normandie ! D’abord situé à Fécamp puis à Louvetot entre Yvetot et Caudebec-en-Caux, le poste est très écouté. Il émet en français pendant la journée jusqu’au soir, puis continue en anglais une bonne partie de la nuit après minuit. Le dimanche, les programmes anglais occupent la majeure partie de la journée. Cette abondance de programmes étrangers provoque quelques frustrations chez les auditeurs normands réfractaires à la langue de Shakespeare ! Néanmoins, ils apprécient les nombreux orchestres de jazz qui sont diffusés. La musique est internationale et les ondes hertziennes ignorent merveilleusement les frontières linguistiques, terrestres et... maritimes, au grand désarroi de nos représentants politiques !


Fernand Le Grand dont le grand père inventa la liqueur Bénédictine, est président du Radio-Club de Fécamp, un club d’amateurs enthousiastes de la TSF qu’il a créé en janvier 1924. Sa station d’amateur dont l’indicatif est EF8IC, prend le nom de “Radio Fécamp” le 17.11.1926 et démarre de véritables émissions radiophoniques en 1927 depuis le salon familial de sa propriété. Soutenue par la municipalité de Fécamp, la station annonce les cours de la pêche et en particulier ceux du hareng très suivis par les marins, les armateurs et les industriels fécampois. Radio Fécamp est une station très dynamique et rassemble autour de son micro des personnalités locales. D’abord ignorée sur la liste des stations autorisées par le décret de juillet 1928 - Fécamp était déjà si loin de Paris ? - elle bénéficie tardivement d’un décret d’autorisation le 24 janvier 1929, grâce à l’intervention d’un député du Havre et du ministre du commerce et de l’industrie. Comme c’est souvent le cas pour les stations privées en litige avec l’administration, les élus régionaux se mobilisent et obtiennent du gouvernement la reconnaissance et les autorisations nécessaires. Maintenant officialisée, la station va pouvoir se développer. De statut local, son prestige devient régional et après une augmentation de puissance, elle prend le nom de Radio Normandie. Un studio est inauguré au Havre avec le concours de la municipalité.

Mais M. Le Grand est loin d’imaginer que sa station va connaître une notoriété bien plus importante au-delà de la région. Car, avec la mer comme principal horizon, le poste fécampois est perçu en Angleterre, un pays dépourvu de radios commerciales. La publicité radiophonique y est proscrite et de plus, la BBC, l’unique organisme de radio autorisé, fait relâche le dimanche (Sunday is closed comme l’on disait) et ne diffuse que de lascifs chants religieux toute la journée, à laisser croire que le roi George V est mort et le pays est en deuil ! Enviant les Continentaux, les Britanniques eux aussi désireraient se divertir derrière leurs postes de radio. Voilà qui fait réfléchir et découvrir des perspectives alléchantes ! Avantage supplémentaire comme chacun le sait, la mer, immense miroir, décuple la propagation des ondes, lesquelles se moquent bien des législations en vigueur et franchissent impunément le Channel. Le soir venu, les émissions “étrangères” de Radio Normandie, du Poste Parisien et celles de Radio Luxembourg sont captées par des milliers de britanniques frustrés du Royaume Uni. Une aubaine à exploiter ! Conscient des possibilités commerciales offertes et des profits envisageables, un homme d’affaires britannique, le Captain Leonard Plugge et ses associés, des financiers londoniens, rencontrent M. Le Grand en 1931. Ils entrent dans le capital de Radio Normandie.

Très vite, des émissions en langue anglaise enregistrées à Londres sur disques 78 tours, apparaissent pendant les pauses des émissions françaises sur l’émetteur. Ainsi, les programmes de Radio Normandie et Radio Normandy font la joie des auditeurs de part et d’autre de la Manche ! Après une nouvelle augmentation de la puissance (toujours sans autorisation) à 20 kW, les émissions déjà entendues sur la côte Sud de l’Angleterre, parviennent claires et nettes en pleine journée à Londres (à 200 km de Fécamp). La nuit, elles atteignent au Nord, les Midlands et les villes peuplées de Birmingham, Coventry. Côté français, nos parents et grands parents se souviennent de Tante Francine (Francine Lemaître) la première speakerine, d’Oncle Roland (Roland Violette), de l’accordéoniste Roger Queval accompagné de tout l’orchestre de Radio Normandie. Côté britannique, Roy Plomley, Ian (David) Newman, Bob Danvers Walker (Uncle Bob), David J. Davies, Howard V. Gee, E.J. Oestermann se succèdent au micro et assurent l’enchaînement des émissions en anglais, avec l’assistance d’un technicien français.

NB : durant les émissions anglaises, le règlement intérieur stipulait la présence d’un membre du personnel français aux côtés du speaker anglais. On ignore les raisons. Aide technique ou contrôle de l'antenne peut-être ?

La station est en pleine expansion mais la puissance de l’émetteur dont les antennes surplombent la ville, sature les récepteurs (peu sélectifs à l’époque) des Fécampois mécontents de ne pouvoir entendre les autres stations lointaines sans éliminer totalement le son de Radio Normandie toujours présent en arrière plan. Le projet de déménagement de l’émetteur est donc envisagé. En 1938, la station d’émission est transférée au cœur du pays de Caux à Louvetot où, au milieu d’un domaine de 3 hectares, un émetteur flambant neuf est construit au pied d’un pylône de forme révolutionnaire type “Blaw-Knox” de 170 m de hauteur qui va considérablement augmenter la portée des émissions. Quelques kilomètres en contrebas, au bord de la Seine, de nouveaux studios occupent un château, le futur Hôtel de Ville de Caudebec-en-Caux. Un câble coaxial de 6 kilomètres posé à travers la Forêt de Maulévrier, relie les studios à l’émetteur. Grâce aux radios-clubs associés, d’autres studios (on disait “auditoriums”) sont créés à Rouen, au Havre, au Tréport, au Touquet... et à Paris (au siège du journal Paris-Soir pour retransmettre le bulletin d’infos), tous reliés à Caudebec par lignes téléphoniques PTT : la qualité technique du son à cette époque était assez sommaire !

L’état français avide de contrôle (son obsession perpétuelle), cherchera à s’approprier la puissante station de Radio Normandie à tout prix. Toutefois, celle-ci conservera son autonomie. Première radio privée de province, elle va assurer un service régulier jusqu’à la guerre (7.09.1939) avant d’être réquisitionnée par l’état, parvenu à ses fins. Très vite, les Allemands investissent les lieux et s’approprient la station pour relayer le programme pro-allemand de Radio Paris. L’émetteur est bombardé par l’aviation alliée. Ce qu’il reste du pylône sera abattu par la Wehrmacht comme ultime chef d’œuvre, lors de la débâcle. Les postes émetteurs français encore intacts sont sabotés et détruits par l’armée allemande au moment de sa retraite.

A la Libération, l’état français institue sans tarder le monopole des ondes qui lui tenait tant à cœur avant les hostilités. Naturellement les autorisations accordées aux anciennes radios privées ne sont pas reconduites, car l’état convaincu que “toute activité destinée à satisfaire un besoin d’intérêt général doit être assurée et contrôlée très étroitement par lui-même et son administration” : le Service public. En conséquence, la RTF (Radiodiffusion et Télévision Française) voit le jour en 1949. Elle obtient le monopole d’exploitation de la radiodiffusion.

Après la reconstruction d’un pylône d’émission de taille plus modeste (120 mètres), l’émetteur de Louvetot devra relayer sur 214 m (1403 kHz), les programmes nationaux : “Programme Parisien”, “France Inter Variétés”, puis “France Culture”. Cette mainmise de l’état sur les installations exclut définitivement tout projet de radio régionale, exceptés quelques rares et brefs décrochages durant les années 60 qui n’auront aucune suite, faute d’audience ou manque de volonté de poursuivre l’expérience." (...)



(extrait du livre "Une Radio libre en pays de Caux")
 

Quelques images de Fécamp, Louvetot et Caudebec-en-Caux...

Some pictures of Fecamp, Louvetot and Caudebec-en-Caux...

FECAMP





Le tout premier émetteur EF8IC  (1924)

The first transmitter EF8IC (1924)




Le salon-studio de Vincelli-La-Grandière

The living room of Vincelli-La-Grandière




La villa Vincelli-La-Grandière (1924). D'ici sont parties les premières émissions de Radio Fécamp

The first Radio Fecamp broadcasts started from here





Vincelli-La-Grandière (aujourd'hui)
(today)




 





Déplacement des installations sur les hauteurs de Fécamp. Cette jolie demeure fécampoise abritait l'émetteur
de 20 kW de Radio Normandie jusqu'en 1938 avant son transfert vers Louvetot. Fin 1939 jusqu'à
début 1940, l'émetteur inutilisé reprend du service avec Radio International, une station multi-langues
 

Moving on the heights of Fecamp. In this pretty house, there is the 20 kW transmitter of Radio Normandy
until 1938
before his transfer to Louvetot. Late 1939 to early 1940, the transmitter returns
to service
with Radio International, a multi-language station



De nos jours, l'ancien "bâtiment des machines" est devenu un discret pavillon d'habitation sur les hauteurs de Fécamp

Today the old "powerhouse" has become a discreet residential house on the hills of Fecamp
 



L'émetteur 20 kW en 1935 et son pupitre de contrôle...

The Radio Normandy transmitter...
 



... et les selfs de couplage

... and the coupling coils
 



Au premier plan les deux pylônes à peine visibles dominent la ville

The two barely visible towers dominate the city
 




L'antenne de Radio Normandie : un fil
(à peine visible) était tendu entre les deux pylônes,
Sente de la Fromagerie à Fécamp, avant le transfert vers Louvetot en 1937. Au milieu, le pavillon abritant l'émetteur

The antenna of Radio Normandy: a wire was stretched between the two towers,
in Fécamp
, before transfer to Louvetot in 1937. In the center, the pavilion housing the transmitter



Vue (presque) panoramique de Fécamp en 1938 - à droite au premier plan, la cheminée de la distillerie de la Bénédictine

Panoramic view of Fecamp in 1938 - on the right in the foreground, the chimney of the Benedictine distillery



Les pylônes aperçus depuis le Collège Georges Cuvier ne sont qu'à 150 mètres de distance


( De nos jours, les parents "angoissés" d'élèves accepteraient-ils la présence d'un inoffensif émetteur de radio
si proche d'un établissement scolaire ? ) 


The towers seen from the College Georges Cuvier are only 150 meters away.

( Nowadays anxious parents of students would accept the presence of a harmless radio transmitter so close to a school ? )



Sur cette carte postale des années 30, en haut à gauche, l'un des deux pylônes.

( Pour le second pylône, il faut le deviner hors du cadre, 1 cm à gauche )


On this postcard 30s, top left, one of the two towers.

(For the second tower, we must guess out of the frame, 1 cm left)



Fécamp : les ondes en furie !

The raging waves !

Fécamp, "le paradis oublié" de la radio de 1924 à 1938

                                                                                                                                       To the seaside / vers la plage











Non loin du Palais Bénédictine, la "Maison de la Radio" inaugurée en 1934, au coin de la rue Georges Cuvier
et rue de Boulogne à Fécamp où étaient réalisées les émissions en français. Cette maison est devenue
la "Kommandantur" durant l'occupation par l'armée allemande

The "House of Radio" in Fécamp for French broadcasts.
This house became the "Kommandantur" during the occupation by the German army













En face rue Georges Cuvier, l'annexe de la "Maison de la Radio" : les studios anglais de "Radio Normandy"
et le camion pour les retransmissions extérieures

Opposite, the Annex to the "House of the Radio": the English studios "Radio Normandy"
and the truck for external broadcasts






Un dernier coup d'oeil vers les anciens studios anglais / One last look at the English old studios

 



Le premier studio dans la salle du radio club

The first studio





Les lecteurs optiques pour lire le son. Seule la partie audio était utilisée sur le film
L'équivalent des magnétophones à bandes magnétiques dont les premiers
modèles apparurent au début des années 50s



1st floor, optical drives to play the sound. Only the audio part was used on the film
The equivalent of magnetic tape recorders whose first models appeared in the early 50s






Le studio "gris"

The "grey" studio




Le studio "rouge".  (A quoi pouvaient bien servir les deux carillons ?)

The "red" studio. (What can serve the two chimes ?)






Le studio "bleu". Remarquez la taille du micro !

The "blue" studio. Notice the size of the microphone!








M. Fernand Le Grand, directeur-fondateur de Radio Normandie





Le terme "animatrice" n'existait pas encore !






Roland Violette (Oncle Roland)

avec une dédicace signée "Cosmo" (???) pour le "Sunday Referee"
le seul journal anglais qui annonçait les programmes de Radio Normandy








Tante Francine (Francine Lemaître) et Oncle Roland (Roland Violette) animateurs vedettes de Radio Normandie





"Soignez votre diction" dit un panneau.
Un studio avait été aménagé dans l'Hôtel de Ville de Rouen

"Look after your diction" says a panel
A studio had been set up in the Town Hall of Rouen




 Oncle Roland bien entouré

Uncle Roland well surrounded






 Noël 1936 avec Oncle Roland, Tante Francine et les enfants

Christmas 1936 with Uncle Roland, Aunt Francine and the children


 



Tarifs 1933 de publicité sur Radio Normandie (programmes français) régie par Publicis

(doc. transmis par Thierry Vignaud) :















 





La zone de réception de Radio Normandie sur la Grande Bretagne.
L'analyse du courrier confirme le résultat
des mesures effectuées. Tout le sud, y compris Londres et ses alentours sont desservis. La force du signal
s'affaiblit au nord quoique certains auditeurs déclarent écouter fréquemment avec satisfaction



The reception area of Radio Normandy.  : the analysis of the mail confirms the result of measurements of electric
fields carried out. All the South including London and its surroundings is covered by Radio Normandy programs.
The force of the signal weakens in north as this chart shows it. Nevertheless, some listeners from these areas
declare to listen frequently with satisfaction.









Sur Radio Normandie, le temps d'antenne était partagé à 50 % de programmes anglais et 50 %
de programmes français. Rappelons que les radios commerciales autorisées en France avant guerre
étaient interdites de l'autre côté de la Manche. Elles ne sont apparues au Royaume Uni qu'en 1973

The airtime on Radio Normandy was divided for half of French programs and English programs.
Remember that
commercial radio authorized in France before the war were banned in the UK until 1973









En public, sur la scène du Théâtre d'Eastbourne, Roy Plomley (à droite), animateur britannique,
enregistre "Ici Radio Normandie". L'émission sera diffusée le dimanche en huit suivant


Roy Plomley at Eastbourne Theater recording a broadcast of "Radio Normandy Calling" for the next sunday













IMAGES DE LA STATION DE FECAMP PENDANT LA GUERRE

Views of Fecamp station during the war



(photos extraites du livre Fécamp 1939-1945 de Max Lemaître et Jean-Paul Duboscq,
Eds L. Durand & Fils - 1994)







Le bâtiment des machines avant la guerre. A l'intérieur, les installations ont été rendues
inutilisables par les troupes françaises à 18 h 00, le 10 juin 1940, veille de l'invasion de l'armée allemande


The machine building before the war. Inside, the facilities have been returned inusable
by French troops on June 10, 1940, the day before the invasion of the german army







Tableau de distribution électrique et de répartition de départ pour l'alimentation des antennes


Electrical distribution and outgoing distribution panel for powering the antennas






Réserve de matériel de la station dans laquelle sont entreposés les transformateurs électriques


Equipment reserve of the station in which the electrical transformers are stored






Fécamp le 11 juin 1940, l'armée allemande occupe la station 


Fecamp on june 11, 1940, the German army occupied the station





Le pylône côté est

Le jeudi 7 novembre 1940, vers 2 h 15 du matin, au cours d'une très forte tempête, le pylône ouest se tord sur sa base comme
pris de convulsion puis s'effondre dans les jardins jouxtant l'orphelinat Saint-Michel, dans un fracas épouvantable de ferraille,
arrachant de terre son énorme assise en béton. Le pylône côté est, pouvant servir d'amer à l'ennemi, sera dynamité par les
Allemands le 12 novembre 1943 



The east pylon

Thursday, November 7, 1940, around 2:15 a.M., during a very strong storm, the west pylon twists on its base as if seized
by convulsion then collapses in the garden adjoining the orphanage Saint-Michel, in a terrible crash of iron, tearing his
enormous concrete base from the earth. The east pylon, that could serve as a landmark for the enemy, will be dynamited by the
Germans on November 12, 1943





 

LOUVETOT

Le 12 décembre 1938, les émissions de Radio Normandie reprennent depuis Louvetot, Haute-Normandie

On December 12, 1938, the programs of Radio Normandy began again from Louvetot





Le nouvel émetteur de Radio Normandie à Louvetot  (1938-39)

The new transmitter of Radio Normandy



A gauche, le bâtiment abritant les générateurs. Le bassin servait au refroidissement de l'émetteur.
Photo prise dès la mise en service en 193
8

On the left, the building housing the generators. The basin was used to cool the transmitter. Photo taken in 193
8

 



 Remarquez le feeder (câble noir) qui relie l'émetteur de 25 kW au pylône "type Blaw-Nox" (hauteur : 170 m)
ainsi que la cabine d'accord au pied de l'antenne, décorée en pur style normand)

Note the feeder (black cable) that connects the 25 kW transmitter to the "Blaw-Nox" pylon (height: 170 m)
and
the tuning cabin at the foot of the antenna, decorated in pure Norman style)


 



 
La même carte postale mais colorisée (le ciel normand menaçant est devenu bleu !)
Les câbles de haubans ont été effacés : disgracieux sur une carte postale ?


The same colorized postcard (even the threatening sky is painted blue!)
The shrouds cables have been erased: unsightly on a postcard?


 



 



Vue générale de la station d'émission au bord de la route Caudebec-Yvetot

General view of the broadcast station along the road Caudebec-Yvetot




Une vue surprenante au milieu de la plaine, sans la végétation luxuriante que l'on connaît aujourd'hui

A surprising sight in the middle of the plain, without the lush vegetation that we know today




L'émetteur 25 kW et son pupitre de commandes (au premier étage)

The transmitter 25 kW and control desk (first floor )

La même vue "colorisée" de l'entrée

The same view " colorized " the entry




Le portail d'entrée avec un gardien en uniforme

The entrance gate with a uniformed guard




La même vue colorisée, bizarre le gardien a disparu !

 Incredible, the keeper has disappeared!


 




Les visiteurs sur le perron à Louvetot.
Au milieu du deuxième rang, nous apercevons M. Fernand Le Grand, directeur (chapeau gris)

Visitors on the steps of the transmitter in Louvetot.
In the middle of the 2nd row, we see Mr Fernand Le Grand, director (grey hat)

 




Un dimanche pluvieux de 1939 : la pluie s'accorde une pause et les visiteurs posent à leur tour devant le photographe

A rainy Sunday of 1939: while the rain takes a break, the visitors pose for the photographer


(le jeu de mots est intraduisible en anglais !)
 




Souvenirs d'un voyage organisé en 1938 avec la visite des installations de Radio Normandie pour des agents PTT et leurs familles. La vue est prise côté sud. On aperçoit le feeder (câble d'alimentation) qui relie l'émetteur au pylône

Memories of a trip in 1938 with a visit to Radio Normandy's facilities for Post-Office agents and their families. The view is taken from the south side. We can see the power cable which connects the transmitter to the pylon

 



Extrait de l'annuaire des cinq départements de la Normandie publié par l'Association Normande (24.07.1938)


"Par une route assez pittoresque et aux abords boisés on arriva au Poste émetteur de Radio-Normandie à Louvetot.

Situé à 147 m. d'altitude, il occupe le point le plus haut du pays de Caux, à mi-distance entre Yvetot et Caudebec-en-Caux. La superficie du terrain occupé par l'émetteur est environ de 3 ha. Le style de tous les bâtiments est normand moderne.

A l'entrée se trouvent un garage et des logements pour une partie du personnel. Dans la partie Nord du terrain, s'élève la maison du chef de poste. A l'ouest et face à l'entrée, un grand bâtiment de 55 m. de façade contient l'émetteur proprement dit situé au premier étage et les machines d'alimentation dudit émetteur placé au rez-de-chaussée.

Devant ce bâtiment, se trouvent des bassins de réfrigération de 300 m3 d'eau.

L'émetteur placé dans ce bâtiment principal est relié au pylône par un appareil spécial appelé feeder qui conduit le courant au pied du pylône unique. Ce pylône de 153 m. de hauteur possède un mât télescopique de 17 m. qui permet l'accord du pylône avec la longueur d'onde.

Ce pylône n'est tenu que par trois haubans accrochés à celui-ci à la hauteur de 70 m. Cette masse qui pèse 65 tonnes repose sur des porcelaines fabriquées spécialement en Amérique, à très gros isolement et à peine plus grosses qu'une tête humaine.

Dans la partie basse du terrain se trouve une énorme réserve d'eau et un bâtiment contenant des moteurs Diesel qui permettent à Radio-Normandie d'être tout à fait indépendant, et de s'alimenter sur place en courant électrique.

Comme à cette hauteur, il aurait fallu forer un puits très profond, l'eau est récoltée précieusement sur toutes les toitures et sur une route en ciment qui fait tout le tour du terrain. La capacité totale des citernes atteint près de 3.000 m3.

Cet émetteur moderne doté des derniers perfectionnements est relié au château de Caudebec-en-Caux où se trouvent les studios, par un câble construit spécialement et pupinisé. Ce câble entièrement souterrain comporte un certain nombre de paires spéciales à la radiodiffusion et même à la télévision. Il contient un certain nombre de paires téléphoniques pour permettre la liaison directe et automatique entre les différents services de l'émetteur de Louvetot et ceux des studios de Caudebec-en-Caux" (...)


"By a rather picturesque road and in the wooded surroundings, we arrived at the Radio-Normandy transmitting station in Louvetot.

Located at 147 m. of altitude, it occupies the highest point of the country of Caux, halfway between Yvetot and Caudebec-en-Caux. The area of ​​the land occupied by the transmitter is approximately 3 ha. The style of all the buildings is modern Norman.

At the entrance there is a garage and accommodation for some of the staff. In the northern part of the land, stands the house of the postmaster. To the west and facing the entrance, a large building of 55 m. facade contains the actual transmitter located on the first floor and the power supply machines for said transmitter placed on the ground floor.

In front of this building, there are refrigeration basins of 300 m3 of water.

The transmitter placed in this main building is connected to the pylon by a special device called a feeder which leads the current to the foot of the single pylon. This pylon of 153 m. height has a telescopic mast of 17 m. which allows the tuning of the pylon with the wavelength.

This pylon is held only by three stay cables attached to it at a height of 70 m. This mass, which weighs 65 tons, is based on porcelain made especially in America, with very large isolation and barely larger than a human head.

In the lower part of the land, there is an enormous water reserve and a building containing Diesel engines which allow Radio-Normandy to be completely independent, and to be supplied with electric current on site.

As at this height, it would have been necessary to drill a very deep well, the water is collected preciously on all the roofs and on a cement road which goes all around the land. The total capacity of the tanks is nearly 3,000 m3.

This modern transmitter equipped with the latest improvements is connected to the castle of Caudebec-en-Caux where the studios are located, by a specially constructed and pupinized cable. This completely underground cable has a number of special pairs on broadcast and even television. It contains a certain number of telephone pairs to allow direct and automatic connection between the various services of the transmitter of Louvetot and those of the studios of Caudebec-en-Caux "(...)



Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, département Collections numérisées, 2008-115088



Symboles de modernité en juillet 1939, le nouvel émetteur de Radio Normandie associé
à cette "Renault Viva Grand Sport", derniers instants de bonheur à Louvetot (Haute-Normandie) avant l'apocalypse

Symbols of modernity in July 1939, the new transmitter of Radio Normandy associated
with this "Renault Viva Grand Sport", last moments of hapiness at Louvetot (Normandy) before the Apocalypse









IMAGES DE LA STATION DE LOUVETOT PENDANT LA GUERRE

Views of Louvetot station during the war




En août 1944, les allemands qui avaient muré les fenêtres du bâtiment central ont incendié ce bâtiment
et la toiture a complètement brûlé.


In August 1944, the Germans who had walled the windows of the central building set the building on fire
and the roof burned to the ground.





Le pylône à terre. On aperçoit la base de porcelaine qui servait d'isolant. Pour l'abattre,
les Allemands ont simplement posé une mine sur l'un des trois haubans.

The pylon on the ground. We can see the porcelain base which served as insulation.
To bring it down, the Germans simply put a mine on one of the three shrouds



 

CAUDEBEC-EN-CAUX





1938 : entrée des studios à Caudebec-en-Caux. A droite la route vers Villequier

1938 : entry studios in Caudebec-en-Caux. On the right road to Villequier


Suite de l'extrait de l'annuaire des cinq départements de la Normandie publié par l'Association Normande

(...) "Le château de Caudebec est un véritable bijou d'un style très pur construit sur les bords de la Seine et entouré d'un parc magnifique.

Quand il fut acheté par Radio-Normandie, ce château avait été transformé en hôtellerie. Le bar-restaurant est resté aménagé alors que les étages supérieurs ont été transformés en bureaux et studios. Dans le fond du parc, à côté des garages, se trouvent des studios de secours. ndw : ces studios étaient utilisés la nuit pour les émissions anglaises

L'installation du poste de Radio-Normandie à Caudebec-Louvetot est une installation unique tant au point de vue technique qu'au point de vue artistique. L'accueil qui y fut réservé aux nombreux membres de l'Association Normande fut cordial et bien dans la tradition de la famille de M. Fernand Legrand, Président du Conseil d'Administration de l'Association des Auditeurs de Radio-Normandie auquel l'Association Normande adresse ses plus vifs remerciements".



"The Château de Caudebec is a true jewel of a very pure style built on the banks of the Seine and surrounded by a magnificent park.

When it was bought by Radio-Normandy, this castle had been transformed into a hotel. The bar-restaurant has remained furnished while the upper floors have been transformed into offices and studios. At the end of the park, next to the garages, there are emergency studios.   ndw: these studios were used at night for English broadcasts

The installation of the Radio-Normandy station in Caudebec-Louvetot is a unique installation from both a technical and artistic point of view. The welcome extended to the many members of the Association Normande was cordial and well in the tradition of the family of Mr. Fernand Legrand, Chairman of the Board of Directors of the Radio Normandy Listeners Association to whom the Association Normande sends its warmest thanks ".


Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, département Collections numérisées, 2008-115088

 

chateau caudebec

Le calme du parc avant-guerre, idéal pour réaliser des émissions de radio...

The calm of the park before the war, ideal for making radio broadcasts...


 



Caudebec-en-Caux


View taken from the grounds of the new radio station. The banks of the Seine

 

    


Le "château" aujourd'hui l'Hôtel de Ville de Caudebec-en-Caux

The "castle" today the Town Hall of Caudebec-en-Caux





              

De nos jours l'ancien parc du château, devenu parking. Au fond la Seine. Si les studios français
étaient situés dans le château, les studios anglais étaient installés dans des annexes à droite,
démolies après la guerre pour laisser place au Musée de la Marine


Today the former castle garden, become parking. Off the river Seine. If the French studios
were located
in the castle, the English studios were installed in the annexes to the right that were
demolished
after the war to make way for the Navy Museu
m




Au fond du parc de nos jours, le Musée de la Marine de Caudebec. En 1938 et 1939, se tenaient les studios destinés aux émissions en langue anglaise. Pas de photos hélas.

At the end of the park nowadays, the Marine Museum of Caudebec. In 1938 and 1939, the studios for English language broadcasts were located here. Unfortunately no photos.

 



L'un des studios pour les émissions en langue française

The studio for French-language programs





Enregistrement ou retransmission en direct (?) d'une émission française. Oncle Roland est à la technique !


Recording or live broadcast (?) of a French program. Uncle Roland takes care of the technique !



bureau caudebec

 Voici le "salon doré" en 1938, un des salons de réception au rez-de-chaussée

Here is the "golden salon" in 1938, one of the reception rooms on the ground floor






72 ans plus tard : le salon est devenu le bureau de Monsieur le Maire de Caudebec-en-Caux.
Si le parquet est toujours le même, seul le mobilier a changé.



72 years later : the salon became the office of the Mayor of Caudebec-en-Caux.
If the parquet is still the same, only the furniture has changed.






Quant à l'écran plat sur le bureau... pas de doute, nous sommes bien en 2010 !

As for the flat screen on the desktop... no doubt, it’s 2010 !




Les émissions françaises étaient réalisées depuis le château. L'antenne de Radio Normandie
à Louvetot (6 km au nord de Caudebec sur le plateau) a diffusé alternativement durant quelques
mois du 12 décembre 1938 au 7 septembre 1939, les émissions réalisées ici tout au long de la journée
et de la nuit dans les deux langues. La guerre a mis fin au rêve radiophonique...

The French broadcasts were made from the castle. Radio Normandie’s antenna in Louvetot(6 km north of Caudebec
on the plateau) broadcast alternately for a few months, from 12 december 1938 to 7 september 1939,
the emissionshere throughout the day and night in both languages. The war ended the radio dream...



 

D'autres photos de Louvetot et Caudebec-en-Caux



A l'occasion des Journées du Patrimoine 18 et 19 septembre 2010


Visite de l'ancien centre émetteur de Radio Normandie à Louvetot (Normandie) et les studios à Caudebec-en-Caux

cliquer sur le cachet
 


 




N'OUBLIEZ PAS LA SECONDE PARTIE


D'autres documents historiques sur RADIO NORMANDIE vous attendent sur la page suivante


          

DON'T FORGET THE SECOND PART


Other historical documents about RADIO NORMANDY are waiting for you on the next page

 

    <  retour vers "Autres Radios Haut-Normandes d'avant"                                                                                                                  (c) radiosolaris.free.fr